jeudi 24 mai 2018

Michel Renard et ses enfants - accueil

 Pierrot en 2013

Il n'y a pas d'arithmétique compensatoire dans l'amour qu'on porte à ses enfants. J'avais trois enfants. Mon fils aîné est mort le 22 octobre 2014, à l'âge de 34 ans. J'aime toujours les trois tout autant.

La différence, c'est le chagrin qui me fait pleurer celui qui a disparu.

D'autres le pleurent aussi. Et leur tristesse est à la mesure de l'immense générosité humaine de Pierre à l'égard de ceux qu'il a rencontrés, appréciés et aimés lui aussi.

Pour son père, ce n'est pas seulement un copain de classe, ni d'escalade, ni de graffs, ni un amour de femme adulte... C'est son enfant. Cela veut dire 34 ans de vie, même si, évidemment, elle n'a pas toujours été commune.

Un père est dépouillé de tant de souvenirs de son petit... j'ai des enregistrements de Pierrot qui datent de 1989... Entendre sa voix, alors qu'il n'a que neuf ans, est un chemin de croix.

On ne peut accepter que son fils meurt avant soi. Je sais. Je le dis après tant d'autres. Mais le lire de ces derniers ou l'écrire soi-même ne revêt pas la même dimension.

D'ailleurs, personne n'a jamais donné quelques lettres de noblesse littéraire à l'un de ces deux termes qui définissent le statut d'un parent privé de sa descendance : défilié, désenfanté... Cela reste sémantique. Mais sans épaisseur sentimentale, sans tourment.

J'ai cherché à retracer le chemin de vie de Pierrot (pour ce que j'en sais), et je continuerai. Même si mon élan vital est désarticulé et que je mesure, dans ma chair et mon esprit, la souffrance de l'irréversibilité. Même si je mesure aussi la chance d'avoir vécu avec un fils d'une telle véhémence affective et d'une telle détermination.

Michel Renard



le 12 janvier 2015, 19 h 35

Il y a trois mois, jour pour jour, et heure pour heure, mon fils entrait dans le néant du coma, puis de la mort dix jours plus tard...
Peut-être à cause de cela, j'ai senti d'une manière particulière ceux qui ont pleuré un mort dans les drames des 7, 8 et 9 janvier.
Les circonstances sont différentes, mais la mort injuste d'un enfant, d'un proche, c'est toujours la même douleur.

M.R.

- une requête injustifiée et une décision arbitraire (hébergeurs de blogs : nouveaux seigneurs...?) ont fait disparaître l'hommage rendu à mon fils Pierrot (1980-2014) de Canalblog.
Il est désormais présent sur Blogger. Merci.
15 janvier 2015


le 22 janvier 2015
Il y a trois mois que mon fils Pierrot entrait dans l'inconnu de la non-vie... Je ne peux toujours pas y croire ni l'admettre. J'attends qu'il m'appelle au téléphone et que je sorte de ce cauchemar.
Photo de lui en 2009, dans son appartement. Était-il triste, songeur, trop sérieux....? mais comme je regrette ne pas avoir été à côté de lui dans cet instant...


Pierrot en 2009



le 12 avril 2015
Six mois. Pourquoi s'arrêter aux dates anniversaires de ton accident, de ta mort ? Peut-être que la similitude des chiffres amoindrit le temps. Que la présence s'impose davantage.
Et pourtant, il n'y a pas un jour sans toi. Pas un jour sans la torturante question du pourquoi. Pas un jour sans le sentiment que ce n'est pas vrai. Pas un jour sans l'irrépressible envie de t'étreindre, d'aller à tes côtés.
Et puis le soleil revient. L'atmosphère de la dernière fois où je t'ai vu debout. Août 2014. J'appréhende l'été. M'allongerai-je encore dans l'herbe ? Pas sûr du tout.
Je te sens si proche, mon Pierrot. En fait, j'ai hâte de te rejoindre.



le dernier été de Pierrot, à deux mois de ses 34 ans,
à deux mois de sa mort absurde et injuste




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